2.1. EMPLOI
La mise au
travail des personnes handicapées a déjà fait l’objet
de plusieurs études démontrant toutes que l’impact
des coûts est largement compensé par les recettes.
En effet, si l’on compare les recettes engendrées en terme
d’ONSS, de précompte sur les salaires et de taxes sur la
valeur ajoutée, la participation au produit intérieur
brut par la mise au travail des personnes handicapées est de
loin la solution la plus intéressante pour le gouvernement fédéral
outre l’aspect social valorisant pour les personnes handicapées
elles-mêmes. De même que la mise au chômage, par exemple,
d’une personne handicapée a démontré également
un coût supérieur pour l’état fédéral.
A ce propos, l’Université de Liège a récemment
mené une étude dans la perspective d’une analyse
coûts-bénéfices dont les conclusions montrent que
l’Etat fédéral serait nettement bénéficiaire
de la mise au travail de personnes handicapées demandeuses d’emploi,
tandis que la Région wallonne serait, quant à elle, largement
déficitaire.
Compte tenu
de cet état de fait, un relèvement du quota imposé
aux ETA induit que l’Etat fédéral serait bénéficiaire
de cette opération alors que la région wallonne serait,
elle, perdante.
La mise au
travail des personnes handicapées les plus faibles nécessitent
des travaux dits « de petites mains » dans les ETA. Or,
ces marchés disparaissent de plus en plus vers les pays de l’Est
ou vers les ateliers clandestins. Cette disparition progressive se fait
donc au détriment des personnes handicapées les plus faibles.
Afin de sauvegarder ces marchés de la concurrence déloyale
du marché au noir ou des pays étrangers, le gouvernement
fédéral devrait prévoir des incitants financiers
pour les entrepreneurs belges faisant appel à la main d’œuvre
de travailleur handicapé.
Par ailleurs,
les tâches les plus simples disparaissent au fur et à mesure
des progrès de l’automatisation.
La formation, initiale et continuée, est un moyen de maintenir
les travailleurs à niveau. Mais ce moyen n’est pas accessible
à tous. Les personnes atteintes d’une déficience
mentale ont des capacités d’apprentissage limitées.
Les personnes ayant un handicap physique ou sensoriel se heurtent également
aux limites dues à leur déficience.
Par leurs résultats sociaux et économiques, nos ETA ont
démontré qu’il existe néanmoins des solutions.
Nous souhaitons les développer et en proposer de nouvelles.
Deux possibilités
s’offrent aux entreprises, soit avoir recours aux ETA en sous-traitance,
soit engager, elles-mêmes, des travailleurs handicapés.
La mise au
travail des personnes handicapées doit passer nécessairement
par une sensibilisation du monde économique en général.
Le secteur
des ETA s’est vu comme beaucoup d’autres secteurs soumis
à une série de formalités administratives dites
simplifiées. Or, dans la pratique, cette simplification donne
lieu à beaucoup moins de souplesse que par le passé. On
peut dire que les ETA ont atteint, aujourd’hui, le maximum de
la charge administrative admissible et d’obligations rendant leur
mission de plus en plus difficile.
2.2. FORMATION
En matière
de formation, il faut là amplifier les moyens. Nous nous en référons
pour cela à la conférence nationale sur l’emploi
qui met aussi l’accent sur la formation.
Mais dans
le secteur des ETA, il y a obligation de formation !
L’utilité d’une amélioration (ou de l’adaptation)
du niveau de formation des personnes encadrant les travailleurs d’ETA
est certes valable et répond souvent à un besoin.
De là à imposer de façon linéaire à
chacune de ces personnes des journées de formation par an, n’est-ce
pas là remplacer une volonté incitative par une autre
à caractère répressif.
A notre sens,
la formation ne doit pas passer par une obligation mais par une conscientisation
des personnes visées. Des règles doivent être mises
en place afin de toucher justement les « bonnes personnes ».
Ce problème trouve d’autant plus son sens dans notre secteur
qui emploie majoritairement du personnel non formé.
2.3. UTILITE
SOCIALE
On peut comprendre
l’envie des secteurs de l’hébergement d’activer
l’utilité sociale de ses résidents par des recours
à une forme de mise au travail qui sont souvent «des travaux
simples et répétitifs ». Il faut que ce phénomène
ne prive pas les travailleurs les plus faibles de nos ETA qui se verraient
ainsi exclus d’une activité économique générant
une couverture sociale.