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Avril 2002
LETTRE OUVERTE AUX MANDATAIRES POLITIQUES
Madame, Monsieur,
Depuis plusieurs mois une réforme visant larrêté
de subventionnement et dagrément des Entreprises
de Travail Adapté wallonnes a fait lobjet de tables
rondes et ensuite dune concertation avec le secteur.
Lapport principal de cette réforme est un ensemble
de mesures qualitatives visant à améliorer la mise
au travail des personnes handicapées. Projet auquel notre
fédération ne peut que sassocier dans la mesure
où elle a été souvent linitiatrice
de ces mesures.
Le secteur travaillant, depuis sa régionalisation, dans
une enveloppe fermée, en cause le déficit structurel
de lAWIPH, ces améliorations qualitatives devront
être " compensées " par des réductions
de subventions.
Le procédé nest pas nouveau dans la mesure
où le secteur a déjà perdu :
- En perte de subvention :
- la subvention sur les nouveaux marchés
- la subvention de récession économique, soit
7,14 % de la masse de subside salaire de lépoque,
soit environ 3.287.868 euros (132 millions FB)
- le subside à linvestissement (équipement)
de 60 % remplacé par un prêt sans intérêt,
soit plus de 2.478.935 euros (100 millions FB)
2. En coût pour la mise en application des nouvelles mesures :
- lharmonisation du non-marchand dont 1.412.993 euros
(57 millions FB) de coût additionnel pour les ETA contre
un coût pour la Région de 743.680,5 euros
(30 millions FB)
- la suppression du jour de carence, coût additionnel
pour les ETA de 371.840 euros (15 millions FB)contre
un coût pour la Région de 247.893,5 euros
(10 millions FB)
- Coût de la non-indexation du Maribel Social 1 1.556.771
euros (62,8 millions FB) qui font que les emplois qui étaient
subventionnés à 60 % ne le sont plus quà
40 %.
- Sans compter que le Revenu Mensuel Moyen Garanti instauré
depuis le 01.01.99 et les tensions salariales quil a créé
(même si les coûts ont été pris en
charge partiellement) sont loin dêtre digéré
par le secteur.
- En maîtrise budgétaire :
- Interdiction depuis 1986, par linstauration dun
numerus clausus, de créer de nouvelles ETA sur le territoire
belge
- Interdiction depuis 1992 dembauches nouvelles par linstauration
dun quota demplois actuellement limité à
5.313 personnes handicapées
Veut-on la disparition du seul secteur qui emploie des personnes
visées comme public cible par le Contrat dAvenir
pour la Wallonie qui plus est , ici, sont des personnes handicapées
alors que le coût dun de ces travailleurs handicapés,
pour la région wallonne, est inférieur à
9.915,74 euros (400.000 FB), soit un coût total de
52. 057.640 euros (2,100 milliards FB).
Alors que ceux-ci participent au produit intérieur brut
à raison de 101.636.340 euros (4 milliards FB) en
masse salariale et de 113.089.020 euros (4, 562 milliards
FB) en chiffres daffaire et donc ristournent à
létat fédéral : 56.470.638 euros
sous forme de :
- précompte sur les salaires : 13 % de 99.157.409
euros soit 12.890.463 euros
- ONSS sur les salaires : 20 % de 99.157.409 euros soit
19.831.481 euros
- taxes sur la valeur ajoutée : 21 % de 113.089.020
euros, soit 23.758.694 euros
Ce secteur ne vaut-il pas la peine quon lui donne les moyens
de sa politique et de celle voulue par le Contrat dAvenir
pour la Wallonie ?
Les entreprises de travail adapté wallonnes
ANNEXE : Note technique
LETTE OUVERTE AUX MANDATAIRES POLITIQUES
Au terme des concertations portant sur larrêté
de subventionnement et dagrément des Entreprises
de Travail Adapté Wallonnes (ETA), notre fédération
ne peut quappuyer les mesures qualitatives qui sont contenues
dans ce nouvel arrêté et ce dautant plus que
la plupart de ces mesures sinspirent dune part, du
" Livre blanc " et dautre part, du " Projet
de création demplois durables pour les personnes
présentant un handicap " de lEntente Wallonne
des Entreprises de Travail Adapté (EWETA).
Toutefois, il est regrettable que ces mesures proposées
par les ETA elles-mêmes soient incluses dans un arrêté
qui comprend deux fois plus de mesures de restriction financières.
LEWETA aurait nettement préféré un
processus de concertation qui invite les partenaires à
formuler des propositions innovantes plutôt quune
attitude prudente suscitant la crainte de mesures de restriction.
LEWETA déplore également que même des
adaptations nentraînant aucune répercussion
financière mais facilitant les procédures administratives
pour les ETA naient pas pu être prises en compte.
Cette réforme intervient, pour le secteur, dans un contexte
avec un passé lourd. En effet, la disparition successive
de subsides aux nouveaux marchés, du subside récession
économique, du subside investissement, la limitation dans
le quota et linstauration éventuelle proposée
de nouveaux quotas (art 78, PRC et CAP) font que le secteur des
ETA, qui pour rappel est le principal pourvoyeur demplois
de personnes peu qualifiées et handicapées,
se voit limité dans sa progression et obligé, pour
faire face à laccès à la dignité
des travailleurs occupés dans ce secteur, de mettre la
pression sur ces mêmes travailleurs.
Parmi les réflexions en matière de subsides perdus,
lensemble des moyens des MS 1,2 et 3 qui devaient nous permettre
dengager un nombre important de personnes (si lon
sen réfère au nombre de personnes engagées
dans le MS1 (+ 114 ) et du MS 4 (+ 111)) ont été
affectés au Revenu Mensuel Minimum Garanti (RMMG) et non
pas à la création demplois. Le RMMMG qui était
une chose inéluctable et incontestable et souhaitée
par les partenaires sociaux a donc été financé
au détriment de la création demplois et au
bénéfice complet de lAWIPH puisque celle-ci
récupère lensemble de la mesure car elle vient
en déduction des subventions.
Ce qui pourrait apparaître comme des avancées sociales
en matière daccompagnement des travailleurs et
reconnues, nous le rappelons, par les ETA elles-mêmes :
- cellule de maintien pour les travailleurs handicapés
dont les aptitudes physiques, sensorielles ou mentales ne correspondent
plus aux exigences du poste de travail auquel ils sont occupés ;
- imposition dun assistant social ou un infirmier gradué
social au moins à mi-temps ;
- convention de partenariat avec un ou plusieurs services daccompagnement ;
- amélioration du fonctionnement des sections daccueil
et de formation dans les ETA destiné à accueillir
des nouveaux travailleurs par une formation adaptée.
ne fera quaccentuer la pression sur lensemble du
secteur et limiter très fortement les marges de négociation
pour une amélioration du statut général des
travailleurs du secteur.
La volonté du Ministre Detienne était que les mesures
proposées résultent en un impact budgétaire
nul.
Or, on ne peut que constater que lensemble des mesures
qualitatives doit être équilibré par des compensations
pratiquées sur des mesures déjà existantes
comme la modulation sur le subside à lentretien et
une modification du calcul du subside relatif aux rémunérations
des travailleurs.
Les ETA membres de lEWETA insistent à nouveau pour
affirmer quelles ne nient pas le bien-fondé de ces
mesures qualitatives mais elles estiment que la méthodologie
utilisée pour décider des modifications à
apporter à un arrêté nest pas acceptable.
Les ETA pensent quun refinancement du secteur est nécessaire
et une collaboration des partenaires sociaux avec un soutien du
Ministre de tutelle des ETA wallonnes est indispensable pour trouver
des financements alternatifs.
Par rapport aux pistes de financement alternatifs que proposons-nous ?
- Interruption de carrière pour les plus de 50 ans
Les mesures visant linterruption de carrière (passage
à 4/5 temps) prévues par le fédéral
devraient permettre de financer en partie les cellules de maintien
par une diminution du montant des subventions salaires versé
par lAWIPH et dautre part par un apport complémentaire
du fédéral pour ces emplois.
Nous demandons quun groupe de travail puisse se pencher
sur cette piste.
- Plan Rosetta
Depuis 97, 46 personnes ont été engagées
à travers les sections daccueil et de formation.
La plupart de ces personnes émanent de l'enseignement
spécial en forme 2 (70,99 % ). Il sagit donc bien
de personnes jeunes sortant dune forme denseignement
non qualifié parce qui l ny a pas de
certificat de qualification et qui débouche pour la plupart
sur un engagement avec un contrat à durée indéterminée.
Il sagit donc là de personnes ayant le profil
exact du plan Rosetta mis en place par le gouvernement fédéral.
Or, les ETA parce quelles font partie du non-marchand
ne bénéficient pas de réduction puisque
elles bénéficient dune réduction
de lobligation dengagement (1,5 % au lieu de 3 %)
mais sans compensation financière et ce pour 2 raisons :
- Parce quil existe un quota même si celui-ci est
modulé pour permettre lengagement dans les sections
daccueil
- Parce que les ETA bénéficient déjà
de certaines réductions (formule Zanella), elles nont
pas accès à de nouvelles réductions.
Nous demandons donc quun groupe de travail se penche
sur la possibilité dune prise en charge de la section
daccueil et de formation par le fédéral (Ministre
Onkelinx) ce qui permettrait de transférer les moyens à
la cellule de maintien qui correspond par ailleurs mieux à
lobjectif des ETA.
- Aides à lemploi et formations
Les plans de formations imposés aux ETA pour leur personnel
vont représenter une charge supplémentaire. Nous demandons :
Dune part que le secteur soit son propre maître dans
lorganisation des formations et ce compte tenu de la spécificité
de notre secteur qui touche à la fois à léconomique
et à la fois au social. Notre expertise et les collaborations
que nous avons établies notamment grâce aux projets
européens de la fédération nous semble un
gage sérieux dans les formations qui ont actuellement cours
dans le secteur.
Dautre part, les coûts devraient être pris
en charge par la Ministre wallonne de la formation, Madame Arena.
Nous demandons aussi que des contacts puissent être établis
dans ce sens.
En conclusion, cette modification darrêté
qui devait avoir un impact neutre se solde par une diminution
des subsides denviron 768.669 euros (31 millions
FB) même si par déférence, on a appelé
cela " compensation ".
Lensemble des mesures qualitatives ont un coût pour
lETA puisque lETA doit toujours prendre en charge
60 % comme coût additionnel , c'est-à-dire, environ
1.152.704 euros (46,5 millions FB) pour les ETA. Les 31
millions ne constituant donc que 40 % du coût total. Ce
coût venant sajouter aux mesures citées au
point 2 de notre introduction.
Veut-on tuer le seul secteur qui donne du travail aux personnes
handicapées ?
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